De la fragilisation aux électrolyseurs : ce qu’il faut retenir des Journées Hydrogène 2026

 

24 conférences, 60 participants, 1 exposant (LECO)

L’édition 2026 des Journées Hydrogène : Défis technologiques pour les matériaux métalliques s’est tenue pendant deux jours à la Maison de la Mécanique, à La Défense/Courbevoie, en présence de 60 participants représentant des acteurs industriels de la filière hydrogène, des fournisseurs d’équipements et de services, et des laboratoires de recherche.

Une image négative de la filière Hydrogène a pu se dégager récemment dans le grand public en France. Les intervenants qui ont ouvert ces journées ont recadré le contexte : la filière nécessite un développement en parallèle de ses trois maillons, à savoir les producteurs, les utilisateurs et les réseaux de distribution. Il faut des utilisateurs en capacité de prendre des engagements, des producteurs qui investissent dans un sourcing en hydrogène décarboné et, enfin, des acteurs de réseaux à même d’assurer le lien entre producteurs et utilisateurs.


Le spectre des usages se recentre vers des applications où l’hydrogène offre des avantages comparatifs déterminants (raffinage, aciéries, mobilité lourde telle que les camions longue distance…). Le niveau de développement de la filière H2 est dicté par les contextes géographiques et économiques régionaux ainsi que par les politiques publiques. Les investissements de la filière au niveau mondial sont estimés à 110 milliards de dollars, dont 30 % en Chine.

Ces journées ont été introduites par Julien CANCADE (NATRAN), qui a présenté le plan de développement du réseau hydrogène de NATRAN ainsi que les initiatives pour la sécurisation des canalisations.

Christophe STOCKY a présenté la stratégie très volontariste d’une entreprise métallurgique (ABS Acciaierie Bertoli Safau, groupe DANIELI) visant à long terme le zéro carbone. Il a décrit les usages que l’hydrogène est appelé à prendre dans la filière électrique : production de DRI, injection au four à arc, brûleurs oxy-hydrogène.

Bruno POLLET, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, a quant à lui insisté sur le rôle absolument essentiel que jouent de nombreux matériaux critiques dans la production des composants des électrolyseurs : platine, nickel, cobalt, iridium et bien d’autres. L’extraction de ces matériaux et les filières industrielles de concentration et de purification sont aujourd’hui concentrées dans un petit nombre de pays. Les travaux de R&D sont indispensables pour restaurer une certaine souveraineté vis-à-vis de ces matériaux critiques, en activant plusieurs leviers : substitution, réduction des quantités nécessaires, recyclage, durée de vie, etc.

Antonin REMOND (Groupe HEF) a dressé un panorama très complet des technologies de production d’hydrogène vert. Il a précisé que les électrolyseurs alcalins continueront à dominer le marché en volume, tandis que la technologie PEM, plus onéreuse, est appelée à occuper les applications où ses caractéristiques spécifiques (compacité, flexibilité) lui confèrent des avantages concurrentiels.

À la suite de ces conférences, qui ont « planté le décor », quatre sessions techniques ont abordé successivement :

  • les mécanismes de fragilisation et d’endommagement des alliages métalliques par l’hydrogène ;

  • les solutions industrielles déployées pour les infrastructures ;

  • la métrologie de l’hydrogène dans les matrices métalliques ;

  • les technologies de revêtement de surface mises en œuvre pour les composants actifs des électrolyseurs.

En sus des conférences, les participants ont apprécié ces journées et les moments de convivialité -  pauses, buffets déjeuner, dîner convivial - qui ont donné l'occasion de rencontres, de prises de contact et de questionnement sur les sujets développées par les intervenants. 

Ces journées doivent leur succès aux contributions apportées par :

  • les laboratoires : Centrale Lyon / ENISE, Mines Paris PSL / Centre des Matériaux, Mines Saint-Étienne, Université de La Rochelle / LaSIE, Université du Québec à Trois-Rivières, UTINAM, Université de Lorraine, Sorbonne Université, IRT M2P ;

  • les centres techniques : le Cetim, le CRM, Materia Nova ;

  • les industriels et fournisseurs de technologies et de services : NATRAN, ABS, Tetra Packaging, LECO, Lasalys, Schlotter, HEF.

Rendez-vous en 2028 pour une nouvelle édition !

 
 
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