Concours photo 2026 : le geste avant la matière
En partenariat avec LAM PLAN
Cette année, les élèves de BTS Traitement des matériaux devaient répondre à un thème exigeant : « Immortaliser les pratiques en sciences des matériaux pour la jeune génération de demain ». Il ne s'agissait pas de photographier une belle pièce ou une microstructure, mais de montrer le travail lui-même : le contrôle d'un bain, une trempe, un essai mécanique.
Les photos reçues montrent bien ce que ces formations apprennent au quotidien : des gestes précis, des méthodes rigoureuses et un vrai savoir-faire d'atelier et de laboratoire.
Les lauréats
🏆 Premier prix : La Renaissance du métal blanc
Léo Gilbert, Mathis Carrez, Lothaire Lagarrigue et Benyamin Talla
BTS Traitement des matériaux, Lycée Rouvière, Toulon
Pour montrer l'émission particulière de chaque élément métallique lorsqu'il est excité, on a brûlé dans une torche métallique contenant un coton imbibé d'alcool de la poudre d'Aluminium. Le spectre d'émission caractéristique de l'Aluminium contient des raies rouges, vertes et bleues qui ne sont pas discernables par l'oeil humain et apparait donc d'un blanc immaculé. Léo tenait la pince pour tenir la torche, Lothaire pulvérisait l'alcool pour maintenir la flamme, Mathis versait la poudre d'Aluminium, et Benyamin a pris la photo. Cette expérience a été faite à l'atelier sous hotte et ventilation active, avec les EPI adaptés (gants thermiques, cagoules automatique, bleu de travail, veste en cuir ignifugée).
🔧 Prix de la technicité : Évaluation de la capacité d'un fluide de trempe à refroidir une pièce : l'essai de drasticité
Kyllian Roussel et Maël Pham Cong
2ᵉ année de BTS Traitement des matériaux, Lycée Jean Mermoz, Saint-Louis
À l’image d’un moteur dont l’huile perd progressivement de son efficacité avec le temps, les fluides de trempe doivent conserver leurs propriétés afin de garantir un refroidissement optimal des pièces traitées.
Pour évaluer leurs performances, on réalise un essai de drasticité. Une sonde cylindrique en superalliage est portée à 850°C puis plongée dans le fluide à analyser, ici une solution de polymère. La partie émergée de la sonde apparaît rouge vif, témoignant de sa température élevée. Son refroidissement est ensuite enregistré et comparé à des essais antérieurs ou à une courbe de référence afin de vérifier que le fluide conserve son pouvoir refroidissant.
Au contact de la sonde incandescente, le fluide se vaporise instantanément et forme une gaine de vapeur autour de celle-ci. Cette enveloppe gazeuse agit comme une barrière isolante, limitant temporairement les échanges thermiques entre la sonde et le liquide. Sous l’effet du choc thermique, cette gaine devient progressivement instable puis finit par se rompre, parfois accompagnée d’une détonation caractéristique. La photographie illustre précisément cet instant : la rupture de la gaine débute par la partie inférieure de la sonde, marquant le passage à la phase d’ébullition et l’intensification du refroidissement.
📢 Prix de la communication : L'essai de résilience : quand le marteau et la loupe binoculaire décryptent la résistance au choc des matériaux
Theoman GOURI, 2ᵉ année de BTS Traitement des matériaux, Lycée Jean Mermoz, Saint-Louis
Dans le monde de la métallurgie, comprendre comment un matériau se comporte sous un choc est essentiel pour garantir sa résistance et sa fiabilité. C’est là qu’intervient l’essai de résilience, une méthode qui permet d’évaluer l’énergie nécessaire pour rompre un échantillon métallique.
La manipulation est simple, mais révélatrice : un marteau-pendule est lâché depuis une hauteur précise, percutant violemment un échantillon standardisé. La rupture de ce dernier consomme une partie de l’énergie initiale du marteau, énergie qui est mesurée avec précision. Plus cette énergie est élevée, plus le matériau est tenace et capable d’absorber des chocs sans se briser.
Mais l’essai ne s’arrête pas là. Une fois l’échantillon rompu, c’est au tour de la loupe binoculaire d’entrer en jeu. Sous son objectif, le faciès de rupture révèle ses secrets : est-il ductile, avec des déformations visibles ? Ou fragile, avec des surfaces de rupture nettes et brillantes ? Chaque détail observé permet de comprendre les mécanismes de rupture et d’adapter les traitements thermiques ou mécaniques pour améliorer les propriétés du matériau.
📢 Prix de l'esthétique : Le Cuivre en dentelles
Flavie Bayle et Rayan Maghraoui
BTS Traitement des matériaux, Lycée Rouvière, Toulon
C'est une micrographie qui montre une pièce dont on veut mesurer la troostite se trouvant en surface. Pour contrer l'effet de bord, nous avons effectué un revêtement
de Cuivre pour qui l'effet de bord se fasse sur le Cuivre et non la surface de la pièce. On observe donc des "champignons" de Cuivre caractéristiques des effets de pointe. Le Cuivre apparaît telle une dentelle qui recouvre un objet.
Également en lice
Les dotations
Les lauréats reçoivent des bons d'achat en produits de préparation de laboratoire, financés à parts égales par l'A3TS et LAM PLAN. Le premier prix est doté de 800 €, les trois autres prix de 400 € chacun. De quoi équiper concrètement les laboratoires des établissements.
LAM PLAN, partenaire du concours
Le concours n'aurait pas eu la même ampleur sans LAM PLAN. Au-delà du financement des dotations, l'entreprise s'est impliquée à toutes les étapes : dans la préparation du concours avec Jérôme Seureau, et dans le jury avec sa présidente, Marie Troutot. Un engagement qui montre l'importance qu'elle accorde à la formation des futurs techniciens du secteur. Nous l'en remercions chaleureusement.
Organisation et jury
Le concours a été préparé par une équipe réunissant enseignants et industriels : Fabrice Turpin (académie de Grenoble), Imane Dhaouadi (académie de Toulon), Séverine Roger (A3TS), Frédéric Meunier (Oerlikon) et Jérôme Seureau (LAM PLAN).
Les photos ont été départagées par un jury composé de Marie Troutot (présidente de LAM PLAN), Véronique Vitry (A3TS), Sylvain Batbedat (Bodycote) et Anne-Sophie Mazé (directrice de l'UITS).
Bravo à tous les participants pour la qualité de leur travail. Rendez-vous en 2027 pour la prochaine édition !